#7 – En saignement supérieur

Créer un cluster sur le plateau de Saclay, pour booster la croissance, a été un des axes de la stratégie de M. Sarkozy en 2008, alors président. Un cluster est un regroupement d’établissements d’enseignement supérieur, de recherche et de grandes entreprises. Celui-là compte 27 établissements et des grandes entreprises comme EDF, Danone, Thalès, Total, Air Liquide, etc. On parle de regrouper ici 60 000 étudiants et 11 000 chercheurs et 20 % de la recherche française. Très vite, la communauté scientifique émet des réserves sur l’impact escompté arguant qu’au XXIe siècle « la proximité ne dépend pas de la distance » mais de la volonté des différents acteurs à coopérer. Or, c’est là que le bât blesse. Le 3 mai 2017, la Cour des Comptes dit du projet qu’il est « au point mort » précisément parce que les acteurs, dix ans plus tard, ne parviennent toujours pas à s’accorder, alors même que l’État a déjà investi 5,3 Md € et que vu d’ici, ça bétonne sec. L’école Polytechnique, suivie par plusieurs autres grandes écoles, semble vouloir faire cavalier seul tandis que l’Université Paris-Sud a, elle, ardemment travaillé à la mise en œuvre des réformes nécessaires pour intégrer la nouvelle entité : l’Université Paris-Saclay.
Lire la suite

#7 – Société pas si ville que ça

Avant tout, faut dire que ce terme désigne des réalités très différentes. Dans l’Antiquité, il a signifié « État » et au 19e siècle, « communauté politique ». L’Union Européenne, dans son livre blanc, le définit comme ce qui est distinct du politique : associations de citoyens, patronales et syndicales, Organisations Non Gouvernementales, etc. C’est un fourre-tout, ça va de l’asso de quartier aux think tanks. Aux dernières présidentielles, c’est en ce (non)sens qu’il nous a été rabâché. Par exemple, Amélie de Montchalin est issue de la société civile. Ben quoi, elle avait jamais fait de politique que je sache, elle n’a QUE occupé des postes importants dans la finance ! Elle n’a QUE donné dans les groupes d’influence et le big business. Rehaussée à la sauce Macron, la société civile pue le conflit d’intérêt.
Lire la suite

#7 – Le Métro du turfu

Initialement prévue pour 2024, la ligne 18 du métro – qui devrait relier Paris à Orly via Versailles et le plateau – ne verra pas le jour avant au moins 2027. En fait, elle aurait dû arriver juste avant l’Expo Universelle de 2025. Comme on avait finalement eu les Jeux Olympiques, il a fallu trancher, on ne pouvait pas tout se payer ! Les gros bras se sont imposés sur les têtes d’ampoules. L’expo a donc sauté et, dans la foulée, le métro avec, puisque cela ne pressait plus(1). Y’en a pour qui ce report fut une chouette nouvelle, et y’en a qui ont carrément fait la gueule. Demandez aux mairichons du coin, Bournat (Gif), Lasteyrie (Zopal), Ros (Orsay) et Samsoen (Massy)(2). En tout cas, en repoussant le projet de métro à 9 ans, le gouvernement Macron s’est tiré de draps houleux. En 2027, ce sera forcément à une prochaine mandature de porter le bébé.
Lire la suite

#5 – Expo Universelle : « 2025, non merci ! »

C’est à Londres en 1851, en pleine industrialisation, que se tient la première Exposition Universelle. Ces manifestations durent 6 mois et ont lieu tous les cinq ans. À l’époque, les empires coloniaux veulent montrer qu’ils sont puissants, à la pointe du progrès et de la modernité. Six Expositions Universelles ont déjà eu lieu à Paris. On se souviendra de celle de 1889 avec sa Tour Eiffel et son moins glorieux « village nègre » où 400 personnes sont exposées comme dans un zoo. Dans les années 90, en plein processus de mondialisation, la pertinence des Expositions est questionnée. Alors que la compétition entre États laisse la place à la domination du capital et des multinationales, la formule est alors adaptée. Les participants sont diversifiés (multinationales, organisations internationales notamment), les pays émergents sont représentés et les Expositions sont conçues autour de thèmes qui concernent l’ensemble de l’Humanité. Pour accueillir une Exposition, les pays doivent être candidats auprès du Bureau International des Expositions (BIE). Chaque pays candidat établit un dossier dans lequel il propose un thème, un site, explicite l’équilibre financier, évalue l’impact environnemental et le soutien des citoyen⋅ne⋅s. Après étude des dossiers, les 169 pays membres du BIE votent à bulletin secret.
Lire la suite