#8 – CRA : souffrez, vous êtes filmés

Déjà très largement pratiquée en Guyane et Outremer, la technique de la visioconférence – plébiscitée lors du vote de la nouvelle loi immigration(1) – fait passer le côté humain, pourtant primordial, au second plan, voire à la trappe. C’est un gadget permettant de réduire les délais de demande d’asile. Ce n’est pas faute d’avoir donné l’alerte : professionnels, magistrats, avocats, juristes, travailleurs sociaux, associations et organisations concernées(2) ont affirmé leur opposition à cette mesure. On a pu voir à l’œuvre en Guyane, en Outremer et en Métropole, la déshumanisation qu’entraîne la visioconférence. Après analyse, on ne peut que constater le non-respect des bonnes conditions d’exercice de la justice et de la demande d’asile.

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#8 – Lycée : la réforme qui casse le bac d’abord

À l’Essouriau on a bloqué le lycée contre une réforme précipitée et injuste

Un bâtiment presque neuf mais déjà vieux et puis de vieux bâtiments remplis de jeunes. Ces jeunes, ils sont d’un peu partout, des Ulis bien sûr, mais aussi de Marcoussis, de Gif ou d’Orsay. Il est compliqué, parfois impossible de préserver cette mixité, parce qu’il faut faire beaucoup avec trop peu : trop peu d’heures, d’ordinateurs, de collègues. Et ça ne marche pas, pas toujours, pas assez. On le sait et ça nous énerve alors on est aussi fier d’avoir un travail qui a du sens qu’en colère parce qu’il est souvent infaisable. L’Essouriau, c’est tout un équilibre et c’est pour ça qu’on s’y attache.
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#8 – « Faire participer, c’est faire accepter » (Selon des cadres en accessibilité de France Télécom)

Sur le territoire de l’ex-CAPS, il pleut à verse des concertations et enquêtes publiques. En douze ans, on en a vu passer dix-huit. Une partie a porté sur la ligne 18 et autres infrastructures de transport du Grand Paris. Pour l’autre, il s’agit de l’urbanisation du plateau de Saclay : création des quartiers Polytechnique et Camille Claudel à Palaiseau, Moulon à Gif. Au fait, pourquoi on nous bassine avec toutes ces concertations ? C’est parce que c’est une obligation légale et puis c’est dans l’air du temps. Depuis 1995, il faut consulter les gens et écouter leurs avis(1). Pourtant, malgré les apparences tout a été orchestré de manière à ne pas mettre de bâton dans les roues au projet, littéralement rêvé, du duo Blanc/Sarkozy et pérennisé par les gouvernements suivants.
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#8 – Sham énerve

Tu connais le Sham ? C’est ce bar en bas de la rue de Paris, près de la gare de Palaiseau-Villebon. De mémoire zopalienne, y’a toujours eu un bar à cet endroit. Il était appelé le Maryland avant de devenir le Shamrock Kfé, puis le Sham. Il a changé trois fois de propriétaire. Les derniers ont repris l’activité en juillet 2017. Mais laisse-moi t’en dire un peu plus.
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#8 – Bulletin géopolitique comparatif de la répression des lieux de fêtes

Ailleurs, dans le département, à Saint-Michel/Orge, avec une bagnole et du gasoil quand on habite Zopal et environs, on peut encore aller s’enjailler(1) au bar-restaurant le Gambrinus. C’est sympa, surtout le jeudi pour ses soirées musicales réputées pour la programmation dans tout le 91. Le lieu accueille des groupes locaux émergents ou plus confirmés. Au fil du temps (14 ans maintenant), le Gambrinus est un peu devenu une des références locales de la scène musiques actuelles. C’est vrai aussi bien au niveau des artistes que du public.
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#8 – Le Sham’ discret de la mumu

Que faisait la Police Municipale au Sham’, le soir de la grosse descente de police, le vendredi 30 novembre ? Une trentaine d’agents de la Nationale et de la BAC s’y était déjà agglutinée, sérieusement armée, pour contrôler et fouiller l’établissement. Il y avait même des cagoulés. Si jamais ça partait en vrille, huit agents et deux bagnoles de la mumu(1) veillaient. Pour la sécurité des Palaisiens.
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#8 – Fête et tranquillité : Analyse et résolution cassociologique1 d’un conflit de proximité

L’article de Riscla décrit de manière remarquable un cas typique de conflit d’usage des lieux. Il donne à voir l’affrontement entre deux usages légitimes d’un petit bout de quartier : usage d’un domicile privé au sein duquel le droit au calme peut s’exercer, usage d’un bar au sein duquel le droit à la fête peut se déployer. L’intensité du conflit provient vraisemblablement du fait qu’il se manifeste sur un espace intermédiaire, à savoir un espace qui n’est ni complètement privé, ni strictement public.
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#8 – La prison, c’est pas l’hôtel

Ce matin, ça a fait tilt. Je suis devant l’école de ma fille et je discute avec des parents, un jour comme un autre. On en vient à parler de mon boulot. Je suis éducatrice de rue. « Oulala c’est quoi ça ? » Je travaille avec les jeunes en difficultés de mon territoire, entre 12 et 25 ans, dans la libre adhésion, l’anonymat etc. « Et pourquoi de rue ? » Parce qu’on va justement à la rencontre des jeunes dans la rue, là où ils sont, en bas des tours. Je travaille avec des sans papiers, des déscolarisés, des handicapés, des travailleurs, des dealers… La liste est longue. En moyenne une fois toutes les 2 semaines je fais des visites en prison au parloir avocat. « Mais pourquoi tu vas les voir ? Aujourd’hui la prison c’est l’hôtel, Canal+, Play, chauffage, eau chaude, bouffe. Le tout gratuit. » Là, ça a fait un gros tilt.
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