Bidonville de Saclay, suite et (triste) fin

Jeudi 7 avril, quelques citoyen·nes des environs sont allé·e·s soutenir les Rroms installé·e·s sur un terrain vague à l’abri des regards, rue de Villeras à Saclay. Les soutenir, parce que la décision avait été prise de les expulser ce matin-là. Le bidonville était déjà quasiment vide à 5h30 : la gendarmerie était passée à plusieurs reprises les jours précédents, prévenir les habitant·e·s du platz de l’imminence de l’expulsion.

La plupart de ces anciens nouveaux Saclaysien·nes connaissent la rengaine, pas de solution d’hébergement pérenne, pas envie de voir à nouveau les forces de l’ordre leur ordonner de quitter les lieux. Ainsi, plus besoin pour les gendarmes et la police de se montrer violents le jour J en expulsant manu militari. La violence a eu lieu avant, plus insidieuse et moins voyante.

Deux gendarmes sont arrivés en éclaireurs à 6h. Il fallait savoir s’il restait malgré tout des habitant·e·s. Une famille était encore présente. Peu à peu, d’autres personnes, plus des élu·e·s d’Orsay et de Palaiseau, ainsi que des renforts de gendarmes sont arrivés. Les forces de l’ordre ont demandé à tout le monde de sortir du terrain, puisqu’il s’agissait d’un terrain privé.

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Démolitions à Igny : l’urbanisme sans les habitants

En mars 2021, par une simple affichette collée dans leurs halls d’entrée, les locataires de la résidence Joliot-Curie à Igny apprennent la démolition prochaine de leurs logements. Les résident.es se posent de multiples questions : quand faudra-t-il déménager ? Et où sera-t-on relogé ? Est-ce que les loyers vont augmenter ? Et pourquoi la mairie ne les a-t-elle pas informés des tractations avec le bailleur et le promoteur ?

Construite en 1963, la résidence Joliot-Curie du bailleur Seqens à Igny comprend actuellement 244 logements sociaux. Le projet, dont les habitants on été informé par une petite affichette collée dans leurs halls d’entrée, prévoit la démolition des bâtiments et la construction d’un ensemble de 650 logements dont 366 sociaux et 284 en accession à la propriété. Suite à l’annonce du projet, l’adjointe à l’urbanisme, Mme Aldebert a démissionné. Depuis, la municipalité a signé une convention tripartite avec Seqens et Eiffage aménagement. En parallèle, un processus de « concertation » a été engagé avec les résidents et riverains sur le projet, espérant calmer les inquiétudes de tout ce petit monde (1).

Pour le bailleur Seqens, ce projet s’imposerait en raison de la vétusté du bâti et de sa consommation énergétique. Ces dix dernières années, pourtant, de nombreux travaux ont été effectués. Une habitante, Annie*, raconte « le double vitrage, des volets roulants, portes blindées et la VMC ont été installés, les sanitaires remplacés et les loggias rénovées ». Dans ce contexte, pourquoi opter pour la démolition ? En effet, selon les calculs de l’Agence pour la transition écologique (Adème) construire un nouveau bâtiment nécessiterait 80 fois plus de matériaux que le rénover, aurait un impact significatif sur l’artificialisation des sols et sur les émissions carbones. Sans parler des déchets engendrés et de la question épineuse de leur gestion (2).

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En plein hiver, le Maire de Palaiseau expulse un bidonville dans de « bonnes conditions » …

… Ou le gentleman du déménagement

Il faut la lire pour la croire, la lettre adressée par Grégoire De Lasteyrie aux riverains le 12 janvier. Il s’y félicite de l’expulsion en plein hiver des occupants du bidonville situé rue des Marnières, à Palaiseau. Le maire épuise tout le champ lexical de l’illicite et de la dangerosité pour justifier son geste : « occupants sans titre », « campement illicite », « péril grave et imminent », « branchements électriques illicites », « utilisation frauduleuse de bouches à incendie », « amoncellement de déchets » et « déversements des eaux souillés » (1). Ce vocabulaire permet de criminaliser les habitants, de les rendre responsables des risques et de légitimer une expulsion pendant la trêve hivernale.

Dans un communiqué publié le 15 janvier, l’association Intermèdes Robinson qui travaille depuis de nombreuses années auprès de familles vivant en bidonville, analyse tout autrement la situation. Concernant le danger, elle écrit : « des systèmes électriques de fortune se trouvent dans tous les bidonvilles ; et c’est un droit pour les occupants sans titre de demander un raccordement électrique à une commune ». À propos de la responsabilité du risque, elle ajoute : « certains risques existent parce que les autorités refusent de remplir les obligations qui sont les leurs (sécurisation incendie, raccordement à l’eau potable, ramassage des ordures ménagères…) ». Aux Marnières, à aucun moment la mairie de Palaiseau n’a agi en faveur du raccordement électrique et de l’accès à l’eau potable de ces familles très vulnérables.
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REPORTAGE – Le maire de Saclay coupe l’eau aux roms et se défausse sur les pompiers

Bidonville de Saclay
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Installées depuis août à Saclay, des familles roms se voient refuser l’accès à l’eau potable, notamment par le maire de Saclay. Celui-ci met la responsabilité sur les pompiers, qui démentent.

Une famille affirme que ses enfants n’ont pas été autorisés à rentrer au collège Charles Péguy à Palaiseau, où ils sont pourtant scolarisés. Nous avons rencontré des habitants du camp et abordé les difficultés qu’ils ont pour se loger, s’alimenter, travailler, bref pour pouvoir vivre dignement.

REPORTAGE – BLOCUS LYCÉE CAMILLE CLAUDEL : ÉLÈVEs, profs et parents unis pour la défense de leur lycée

« ON VEUT GARDER NOTRE LYCÉE ! »

Blocus lycée Camille Claudel
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Jeudi 20 janvier à Palaiseau, élèves, profs et parents d’élèves du lycée Camille Claudel ont appuyé la grève par un blocus. Suppression de deux classes, de deux postes de professeurs, classes de plus de 35 élèves, crainte de la perte de spécialités et de l’aide aux devoirs…

Les raisons de la colère sont nombreuses et les perspectives peu réjouissantes pour le lycée, notamment à cause du nouveau lycée international qui fait craindre que Camille Claudel passe au second plan. Une délégation s’est ensuite entretenue avec le maire de Palaiseau, Grégoire de Lasteyrie.

Guerre aux pauvres à Palaiseau

Par grand froid et au pic de la crise sanitaire, un bidonville expulsé en 48h à Palaiseau
Communiqué de l’association Intermèdes-Robinson du 15/01/22

Association Intermèdes Robinson

Mercredi 12 janvier, le bidonville situé rue des Marnières, à Palaiseau, a été détruit. Le dimanche précédent, le maire (LR) de Palaiseau avait pris un arrêté municipal de mise en péril imminent. Le jour de l’évacuation, dans la presse, il justifiait cette décision soudaine par « une succession de branchements électriques sauvages et dangereux » et par les demandes pressantes des riverains. (1)

Ce bidonville, construit à la fin de l’été 2021 par des familles déjà expulsées d’un autre bidonville situé à Massy, ne présentait pourtant pas de risque spécifique dû à son emplacement. Des systèmes électriques de fortune se trouvent dans tous les bidonvilles ; et c’est un droit pour les occupants sans titre de demander un raccordement électrique à une commune. Autrement dit, certains risques existent parce que les autorités refusent de remplir les obligations qui sont les leurs (sécurisation incendie, raccordement à l’eau potable, ramassage des ordures ménagères…). Lire la suite

Lardy : licenciements à la chaîne chez Renault

Qui mieux que Renault peut licencier les employé·es de Renault ?

Ça dégraisse sec à Lardy (sud Essonne). Un tiers des employé·es du site, soit 800 personnes, vont débarrasser le plancher. Et on ne parle pas d’ouvriers, non, ça c’était avant. Ces emplois ont déjà tous été délocalisés en Inde ou en Europe de l’Est. Ce sont désormais les salariés de l’ingénierie et du tertiaire qui sont visés par un plan de « départs volontaires ». Sauf que ces derniers sont pas trop chaud·es de se foutre eux-mêmes à la porte. À ce stade, à Lardy, on ne compte que quelques dizaines de volontaires. Alors, la direction innove.

Première option : on ne vire pas les employé·es, on supprime leur poste. Les salarié·es sont présent·es sur le site mais n’ont plus rien à y faire. Une ingénieuse façon de mettre au placard et d’enclencher des dépressions, de pousser au départ « volontaire ».Lire la suite

Évry : le département veut fermer la maison des syndicats

À l’heure des auto-entreprises et du télétravail, qui a encore besoin des syndicats ? C’est sûrement ce que s’est dit François Durovray, président du Conseil départemental. Dès 2016, fraîchement élu, il décide tout bonnement de virer les organisations syndicales(*) de la Maison des syndicats à Évry et de les reloger dans l’ancien Sdis (Service départemental d’incendie et de secours). Alors, heureux les jamais-contents ? Et ben non ! Les locaux sont excentrés, ne sont pas du tout adaptés à l’accueil du public. Dépourvu de salles de conférence et de réunion, le site n’offre aucune possibilité de donner des formations syndicales. Ollivier Champetier de l’Union départementale explique la manœuvre : « De gros aménagements sont prévus sur la place de l’Agora d’Évry, ils veulent embellir. La Maison de syndicats en plein cœur, ça fait tâche »Lire la suite