#7 – Jean-Pierre m’a dit quoi ?

Il est venu sans filet, s’enfiler les questions des palaisien⋅ne⋅s au conseil de quartier du centre, le 22 mars dernier. Dans un discours associant irrationalité et sincérité brute, Jean-Pierre Madika a su promouvoir le déploiement du plan de sécurisation de la ville « très calme ». Madika, c’est notre maire-adjoint en charge de la sécurité, général de division à la retraite, le genre de type capable d’écrire sur internet : « Très rares sont mes commentaires sur Facebook mais là je n’hésite pas et suis prêt à partir en guerre (je sais de quoi je parle) pour que F. Fillon sauve notre pays » [sic]. Un type entier, qui parle vrai.
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#7 – Les nouvelles stars palaisiennes

Quand on recherche en ligne des informations sur Palaiseau, on tombe rapidement sur Wikipédia, site web encyclopédique participatif. Une page nommée « Palaiseau » y est référencée, que chacun⋅e est libre « d’améliorer », comme le suggère le site. Faits historiques, précisions géographiques, virgules en trop ou points oubliés, les internautes sont libres d’ajouter ou de supprimer, sous réserve de connaissances suffisamment affûtées en la matière. Pour les villes, des renseignements sur la culture locale, la démographie ou encore l’économie sont généralement mis en avant par les contributeurs, et, si on s’émerveille déjà au chapitre « Palaiseau dans les arts et la culture », c’est au chapitre « Personnalités liées à la commune » que l’on peut faire les plus belles rencontres.
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#7 – Lozère c’est pas pour les losers

Avant, j’étais une Palaisienne ordinaire, logée dans une barre en béton fatigué, entre deux couches du mille-feuille urbain : autoroute d’un côté, ligne haute-tension de l’autre. Chez moi ça brassait, y’avait du bruit et de l’odeur, des problème de tuyauterie, de l’entraide et des apéros partagés. J’étais bien. Et puis j’ai eu des lutins. Alors j’ai commencé à rêver de chlorophylle, de friches herbues et de sentiers non-carrossables : j’aspirais à voir mes petits aspirer aut’chose que d’la particule fine. J’voulais qu’ils reconnaissent le chant des oiseaux… En attendant, j’composais avec le réel, baignée dans le doux bruit du diesel.
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#7 – L’hôpital qui cache le désert

Parmi les projets du plateau, il y a, d’ici 2024, la construction d’un hôpital public sur le site de Corbeville. L’Agence Régionale de Santé (ARS), porteuse du projet, annonce des équipements de pointe, des partenariats avec les scientifiques du coin, 416 lits ainsi qu’un service ambulatoire ultra performant et askip 800 places de parking… Cool non ?

Alors, pourquoi des syndicalistes, associatifs, élu⋅e⋅s, citoyen⋅ne⋅s s’y opposent ? Pas content⋅e⋅s ces rageux⋅ses, d’avoir un nouvel hôpital(1) ? Pour savoir pourquoi ils⋅elles râlent, on a interviewé deux membres de la CGT et un représentant du Comité de défense des hôpitaux Nord Essonne.
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#7 – La ZPNAF : Zone de Protection Naturelle, Agricole et Forestière

« La marche en arrière n’est plus possible. […] Le plateau doit devenir un campus métropolitain. »
M. Macron, le 25 octobre 2017

Les propos de M. Macron sont révélateurs du projet pour le plateau de Saclay. Les déclarations de nos élu⋅e⋅s de proximité en disent long également. Ce serait « un espace vide, un fabuleux laboratoire pour imaginer la ville durable » dans l’esprit de Mme Pécresse, de M. Bournat ou de Durovray. De réelles menaces pèsent sur cette zone sanctuarisée non urbanisable, habitée par une faune et une flore variées, et exploitée en grande partie par des agriculteurs, pépiniéristes, centres équestres et exploitants forestiers.
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#7 – En saignement supérieur

Créer un cluster sur le plateau de Saclay, pour booster la croissance, a été un des axes de la stratégie de M. Sarkozy en 2008, alors président. Un cluster est un regroupement d’établissements d’enseignement supérieur, de recherche et de grandes entreprises. Celui-là compte 27 établissements et des grandes entreprises comme EDF, Danone, Thalès, Total, Air Liquide, etc. On parle de regrouper ici 60 000 étudiants et 11 000 chercheurs et 20 % de la recherche française. Très vite, la communauté scientifique émet des réserves sur l’impact escompté arguant qu’au XXIe siècle « la proximité ne dépend pas de la distance » mais de la volonté des différents acteurs à coopérer. Or, c’est là que le bât blesse. Le 3 mai 2017, la Cour des Comptes dit du projet qu’il est « au point mort » précisément parce que les acteurs, dix ans plus tard, ne parviennent toujours pas à s’accorder, alors même que l’État a déjà investi 5,3 Md € et que vu d’ici, ça bétonne sec. L’école Polytechnique, suivie par plusieurs autres grandes écoles, semble vouloir faire cavalier seul tandis que l’Université Paris-Sud a, elle, ardemment travaillé à la mise en œuvre des réformes nécessaires pour intégrer la nouvelle entité : l’Université Paris-Saclay.
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#7 – Société pas si ville que ça

Avant tout, faut dire que ce terme désigne des réalités très différentes. Dans l’Antiquité, il a signifié « État » et au 19e siècle, « communauté politique ». L’Union Européenne, dans son livre blanc, le définit comme ce qui est distinct du politique : associations de citoyens, patronales et syndicales, Organisations Non Gouvernementales, etc. C’est un fourre-tout, ça va de l’asso de quartier aux think tanks. Aux dernières présidentielles, c’est en ce (non)sens qu’il nous a été rabâché. Par exemple, Amélie de Montchalin est issue de la société civile. Ben quoi, elle avait jamais fait de politique que je sache, elle n’a QUE occupé des postes importants dans la finance ! Elle n’a QUE donné dans les groupes d’influence et le big business. Rehaussée à la sauce Macron, la société civile pue le conflit d’intérêt.
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#7 – Le Métro du turfu

Initialement prévue pour 2024, la ligne 18 du métro – qui devrait relier Paris à Orly via Versailles et le plateau – ne verra pas le jour avant au moins 2027. En fait, elle aurait dû arriver juste avant l’Expo Universelle de 2025. Comme on avait finalement eu les Jeux Olympiques, il a fallu trancher, on ne pouvait pas tout se payer ! Les gros bras se sont imposés sur les têtes d’ampoules. L’expo a donc sauté et, dans la foulée, le métro avec, puisque cela ne pressait plus(1). Y’en a pour qui ce report fut une chouette nouvelle, et y’en a qui ont carrément fait la gueule. Demandez aux mairichons du coin, Bournat (Gif), Lasteyrie (Zopal), Ros (Orsay) et Samsoen (Massy)(2). En tout cas, en repoussant le projet de métro à 9 ans, le gouvernement Macron s’est tiré de draps houleux. En 2027, ce sera forcément à une prochaine mandature de porter le bébé.
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