Les Ulis : Au lycée de l’Essouriau, grève des agents d’accueil et d’entretien

Les Ulis : Au lycée de l’Essouriau, les agent⋅e⋅s se mobilisent
Jeudi 17 mars, le lycée de l’Essouriau était mobilisé contre la suppression de 4 postes d’agents d’accueil et d’entretien. Tous les agents titulaires, des profs et des élus des communes alentours étaient rassemblés devant le lycée pour protester contre ces disparitions de postes.

C’est un audit de la Région qui a déclenché la stupeur et mené à la mobilisation des agents d’accueil et d’entretien du lycée, soutenus par les profs et les élèves. Sur seize postes d’agents, quatre devraient disparaître prochainement. Ainsi, trois départs à la retraites ne seront pas remplacés et un des postes reconverti en magasinier.

Un lycée comme l’Essouriau c’est environ 1 500 personnes qui, tous les jours, circulent et utilisent les locaux. À cela, il faut ajouter les contraintes propres à l’établissement, notamment sa superficie et ses sept bâtiments dont un dédié aux matières professionnelles. Bref, il y a du taff : le lycée est divisé en 17 secteurs, et comme il n’y a que 16 agent⋅e⋅s, le secteur supplémentaire tourne parmi les membres de l’équipe.

Et puis le lycée, c’est aussi la cantine. Là encore, les personnels sont essentiels pour faire tourner la cuisine et proposer des produits transformés sur place. Du coup, la journée est longue : elle démarre très tôt, le matin, à 6 h 30. À peine le temps d’une pause entre 8 h 30 et 9 h et c’est reparti pour la cuisine jusque dans l’après-midi.

À tout cela s’ajoute la fonction d’accueil puisqu’il doit toujours y avoir quelqu’un dans la loge pour ouvrir aux parents et autres visiteurs.

Nettoyage, cantine et accueil, toutes ces tâches sont nécessaires. On comprend bien que dès qu’il y a des absent⋅e⋅s, celles et ceux qui restent doivent travailler encore plus. Ah oui, dernier détail, les agent⋅e⋅s font 43 h / semaine pour « rattraper » les vacances scolaires.

Comme pendant le Covid, mais tout le temps

Quand l’audit a été rendu public, il a vite été clair que « réévaluer les besoins », en Île-de-France voulait dire « diminuer les ressources ». D’ailleurs, il n’est pas écrit « supprimer des postes », mais « redéployer les effectifs ».

Pourtant, le lycée a déjà eu un aperçu concret de ce que voulait dire quatre postes « redéployés ». En effet, à cause du Covid, pendant quelques semaines, il y a eu 4 à 5 absences parmi les agent⋅e⋅s. Résultat, celles et ceux qui n’étaient pas malades ont fini épuisé⋅e⋅s et le service s’est détérioré. Par exemple, des couverts en plastiques ont été distribués pour économiser des plonges. Vive l’écologie… Pendant cette période, certaines agentes ont même renoncé à des arrêts maladie auxquels elles avaient droit pour faire tourner le lycée.

Voilà pourquoi ielles étaient si nombreuses à se mettre en grève.

Il faut savoir empêcher une grève

La Région a pourtant tout fait pour les en empêcher. Elle a notamment fait pression sur les agent⋅e⋅s grévistes. Ainsi, ielles ont reçu un message par mail leur indiquant que le motif de grève n’était pas valide parce que local, qu’on ne ne les considérerait donc pas comme grévistes mais simplement comme n’ayant pas fait leur service. C’est spécieux, scandaleux, à la limite de la légalité, choisissez…

Bricolo et bricolette ont la solution

Mais comment la Région justifie-t-elle la suppression de quatre postes ? Ben en « rationalisant » bien sûr. Petit Best of des idées à la con.

Pour l’entretien des nombreux espaces verts et pelouses du lycée, la Région propose de faire de l’éco-pâturage. Remplacer les humains par des moutons, ça doit être ça la croissance verte. On imagine d’ailleurs que les biquettes organisent en auto-gestion la question des abreuvoirs, des enclos et autres tout petits détails techniques sans importance qui leur permettent de vivre.

Pour la demi-pension, les gros malins ont pensé au bar à salade, enfin, au « Salad Bar » comme dit l’audit, ça fait stylé. Les élèves se servent eux-mêmes et ça économise du travail. Et quand les salades sont bien dressées, elles sautent d’elles-mêmes dans le bar qui leur est dédié, ce qui économise les agentes.

Après l’écologie et la bistronomie, place à la solution du vœu pieu. La Région veut « augmenter les performances de nettoyage » en misant sur le remplacement du matériel de ménage. Non seulement Pécresse est l’amie des moutons mais aussi des licornes et des baguettes magiques.

Trêve de plaisanteries, on voit bien que la justification de cet audit est uniquement comptable. Mais ce qui est passé sous silence par les gestionnaires de la Région au cœur en tableau Excel ce sont les maux de dos, les pathologies liées au travail, l’usure et l’épuisement. Et quand Pécresse promet un « régime sec », on sait très bien qui sera à la diète.

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