#11 – Lasteyrie killed the Radio Star, ou L’homme qu’on n’émet plus

Lasteyrie killed the Radio Star

Tout commençait si bien entre So Fresh Radio 80’s et la mairie, wesh. Alain Bouzian, alias DJ F.A.B., animateur de la radio, n’en revient toujours pas. Sont-ils toujours sur la même longueur d’onde ?

En 2019, la mairie avait pourtant doté la Maison de Quartier Gallieni, d’où Alain émettait, de la coquette somme de trois mille euros pour l’aménager. Aucune convention mais la radio démarre. It’s fresh, it’s so fresh. Alain était tout excited et diffusait bénévolement le meilleur de la funk des années 80 pour les Palaisien·ne⋅s les plus friand·e⋅s. De la funk, mais pas que. DJ F.A.B. invitait occasionnellement des commerçant·e⋅s, des personnalités, des associations impliquées dans la ville.

Jusqu’à la campagne municipale, tout va bien. Depuis, ça grésille sur la bande. Il accède difficilement à son local, son matériel reste bloqué dans la maison de quartier. Pourquoi ? Les services de la mairie prennent subitement conscience que la convention censée les unir n’a jamais été établie par l’institution. Désireux d’officialiser, Alain insiste pour signer. Silence radio. « Sommes-nous toujours sur la même fréquence ? », se demande, interloqué, le Disque Jockey. A-t-il diffusé quelque chose qui a hérissé les poils des oreilles municipales ?

Quelques semaines avant le 1er tour des élections municipales, Alain avait proposé aux différentes listes de venir s’exprimer sur sa chaîne. Lasteyrie avait décliné, prétextant, à raison, qu’il ne pouvait mener campagne dans des locaux municipaux. Mais Eric Houët (Palaiseau Ensemble), Claire Pinto et Laurent Caro (Cépal) ont fait chauffer le mic’. Post-élection, la convention peine toujours à être établie. Alain connaît la chanson : chez Delphine Person, y’a l’téléfon qui son et y’a jamais Person qui répond. La maire adjointe à la culture est-elle adepte des boules Quies ? Au conseil municipal, le maire feint l’ignorance et demande, revêche, Radio So Fresh, mais qui est-ce ?

Alain contacte donc la presse, raconte ses déboires et obtient enfin un rendez-vous. Il rencontre l’adjointe et l’interroge sur les véritables raisons de ce brouillage d’antenne. Selon lui, Mme Person, à court de prétextes, boucla le dossier et lui dit : « Mais pourquoi vous avez invité Eric Houët ? »

Morale de la chanson : la funky, c’est yes, les expressions politiques divergentes, c’est niet.

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